1. Rivière

    Il n'a pas pu s'en empêcher. Serge arriva au bureau informatique avec son nouveau stagiaire. Les autres techniciens étaient occupés. Serge le présenta au dernier dispo : "A. Riviere". Alfonse avait préparé depuis longtemps sa phrase ; il osa : "Donc A. rejoint le courant !" Serge lui répondit qu'elle était facile et qu'il en connaissait des Rivières, des anciens, qui ne laisseraient pas dire ces plaisanteries. Petit inventaire du matériel remis au stagiaire. Serge ajouta qu'il avait reçu plusieurs demandes d'étudiants nommés Rivières. "Pourquoi ne pas les avoir pris tous ensemble ? tu en aurais fait un fleuve !"


  2. Émilie

    Elle s'appelait Émilie. Cheffe de projet, asiatique, il aimait ses cheveux noirs, son sourire, ses yeux binoclés, son élégance vestimentaire noir et blanc. Elle paissait devant sa porte ouverte, sans bonjour, sauf lorsqu'ils se croisaient dans les couloirs - rarement. Leurs échanges se limitaient aux problèmes Sharepoint, aux accès des extérieurs. Un jour par semaine elle était en déplacement, deux jours en télétravail. Leurs pauses ne correspondaient jamais et elle les prenait avec son équipe. Il s'interrogeait sur l'opportunité de proposer un tête à tête. Pourquoi faire ? Ils ne se connaissaient pas. Il était quelconque pour elle.


  3. Admission

    "Qui prévenir en cas d'urgence ?"

    "Papa."

    "En cas d'incapacité, qui prend les décisions médicales ?"

    "Maman. Elle est infirmière."

    "Emploi ? Attendez ! Laissez moi deviner... Ingénieur ? Informaticien ?"

    "Vous êtes douée ! C'est quoi qui vous a mis sur la piste ? Les lunettes ? Les cheveux en bataille ? Le survêt' ? Je suis technicien informatique."

    L'aide-soignante continuait de remplir le formulaire d'admission en posant la suite des questions d'un air entendu."

    "Vous êtes célibataire ?" "Oui."

    "Sans enfant ?" "Oui."

    "Vous vivez... avec papa-maman."

    "Ah non ! Je vis seul. J'ai pas tout raté dans ma vie quand même !"


  4. Étreinte (2)

    Les deux pairs d'yeux marrons se fixaient. Deux visages continus désormais. Les vallées nasales se rejoignaient. Dans le marron, Fred y discernait une lueur. Sa main descendait des cheveux à la joue de son meilleur ami, effleurant ses lèvres de son pouce à quelques centimètres des siennes ; puis mêlé dans un grincement fort, la main glissa rapidement jusque sur le torse de Claudio et le repoussa puissamment. "Qu'est ce que vous faites ?" fit sa mère à la porte. "C'était quoi ces bruits !?" Les deux amis se redressèrent du sol. "On se chatouillait".


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