1. Le pénis n'est pas un organe sexuel

    Il est souvent dit qu'un homme pense d'abord avec sa queue avant de penser avec son cœur. Autrement dit à satisfaire davantage ses pulsions sexuelles que de tirer sur la corde romantique, ou encore de faire preuve de tendresse.. Cette excroissance qu'est l'organe génital masculin est souvent vu comme un problème fondamentale de l'espèce humaine dans les rapports homme/femme. Les premiers constamment préoccupé des mouvements et enflures qui se manifeste inopinément dans leur pantalon, sans se rendre compte que le regard pénétrant des secondes se trouvent à hauteurs d'yeux.

    Le problème prend une telle ampleur que l'on parle parfois de « phallocratie », institution incarnant le pouvoir terrestre du Dieu phallus dont l'énergie cosmique – l'orgasnum – alimentent en grâce ceux qui y sont disposés. Mais un monde sans pénis est-il possible ?

    Relativisons immédiatement la dimension sexuelle du cinquième membre de la physiologie masculine. En dehors du rôle physiologique que la nature lui a attribué, c'est un formidable membre stimulant le développement intellectuel des bébés mâles.

    D'abord en dissociant et différenciant spatialement les organes d'évacuations des déchets corporels, il permet au petit être d'apprendre à différencier rapidement les types de besoins qu'il doi soulager et la priorité qu'il adjoint à chacun d'eux. D'où le développemetn précose d'un sens de l'organisation appréciable.

    La conscience du contrôle de ce cinquième membre,sa différenciation des autres besoins, lui permet donc de développer son sens de l'organisation. Non seulement l'organisation, mais aussi aiguiser son sens tactique. Tous les garçons ont un jour où l'autre relevé ce défis qui a fait le malheur de leurs parents : ouvrir le canon à eau dans l'espace intermédiaire qui sépare le retrait d'une couche avec la mise en place d'une autre.

    Ma grand-mère n'avait pas su différencier une envie de déféquer avec la venue au monde de mon père.

    Avant d'être un objet de satisfaction, le pénis est un objet d'apprentissage ; nous venons de le constater à propos de la naissance de la conscience tactique. Il convient maintenant de développer sur les autres capacités qu'il permet d'acquérir avec l'âge.

    Si le sens tactique est nécessaire pour remporter une bataille, la précision de tir n'est pas accessoire pour la mener à bout. Les parents non prévenus peuvent être abattus par surprise, mais un parent avertis, ou un tant soit peu sur ses gardes, ou du moins entrainés à effectuer des manœuvres vives, saura esquiver les tirs ennemis. L'apprentissage de la précision, du tir de précision, se fera donc dans un second temps. L'entrainement se passe généralement dans une pièce sans fenêtre, mais très claire et bien illuminés, possédant un cahier des charges d'hygiènes relativement rigoureux. Chauqe faux pas et chaque tir manqué peut devenir sujet à représaille de la part de l'autorité tutrice. En cas de raté, le suspect doit absolument penser à nettoyer les preuves de son infraction. Il est cependant rare qu'un criminel ne fasse pas d'erreur et il fini rattrapé rapidement par ces méfaits qu'il aura pourtant tenté de masquer tant bien que mal.

    L'histoire de l'hominidé est cependant bien plus grande que celle des égouts, et l'histoire des tribus nomades bien plus importantes que celle des des appartements munis d'un chauffage centrale à condensation. L'homme a historiquement beaucoup plus souvent uriné en extérieur qu'en intérieur. Et c'est en premier lieu bien pour ça que l'homo sapiens sapiens a inventé en premier lieu l'écriture (et inversement c'est parce qu'il n'urine plus à l'extérieur qu'il fini jeune idiot analphabète). C'est l'objet de notre troisième apprentissage.

    Le pénis, une fois que le titulaire de l'instrument ait confirmé ses talents de tireur d'élite, peut à la suite servir de marqueur. C'est une étape de l'entrainement qui est d'avantage organisé dans les période de l'année, ou du moins dans des endroits froids. Une matière première est ici indispensable : la neige. Une fois cette première condition remplit, il faut lui associé la seconde : une réserve urinaire complète au sein du sujet. Et le nouvel apprentissage peut commencer : l'écriture. Marquer son territoire de son prénom. Le roi Nabuchodonosor a aussi été en premier lieu célèbre pour maîtriser parfaitement l'exercice, malgré son prénom qui ne rentrerait même pas sur un damier de scrabble.

    A travers cet apprentissage en 3 étapes, nous retrouvons les 3 moments des conflits humains : 1/ l'aggression, 2/ la frappe, 3/ le traité de paix.


  2. V...

    Je retrouvai une fois de plus cette situation déplaisante de solitude face au collectif. J’avais réussis à esquiver les exposés durant toute ma scolarité lycéenne. Ce qui n’avait aucune conséquence pratique. L’important c’est le baccalauréat à la fin. Être prêt pour la semaine d’épreuve intense. Tout ce qu’il se passe avant n’est là que pour se rassurer. Et rassurer parents et enseignants. J’étais de toute façon invisible à cette époque. Les profs ne devaient se rendre compte de mon existence qu’au moment du calcul des moyennes de fin de trimestre, pour se rendre compte qu’il me manquait une note par rapport aux autres élèves de la classe. Les autres élèves ne me voyaient pas de toute façon non plus. Si je ne passais pas en exposé, c’est parce que je ne dénonçais jamais ma situation de solitude, donnant une preuve de mon existence. Chacun et chacune étaient rangé-e-s dans des groupes, des duos. Et moi j’étais celui qui n’avait pas de lien avec autrui.

    En deux ans. J’ai fait des progrès. Mais M. P. nous demande de nous mettre par deux. J’ai en principe quelques relations amicales, quoique limitées. Les deux amies avec qui je traine le plus se mette ensemble. Je jette un regard ailleurs, vers d’autres amicaux pour memontrer disponible. Mais un à un je me rends compte en fait qu’ils se lient avec leur personne préféré. Évidemment, si moi j’ai mes préférences, je ne suis le préféré de personne. Et malgré que se dessine ma besogne d’étudiant en solitaire, aucun-e ne cherche à au moins s’associer avec quelqu’un d’amical pour au moins me laisser faire duo avec l’autre. Les exposés sont toujours des moments de grand copinage. Si je n’étais pas intégré au lycée, provocant ma désintégration complète même aux yeux du professeur ; malgré mes relations actuels de fac, mon intégration demeure insuffisante et le tranchant désintégrateur agit avec la même vigueur.

    Mr. P. cherche à dynamiser la classe. La brochure de textes à se répartir entre chacun-e pour présenter un exposé dessus est distribué et un calendrier sur la page 2 avec la date de présentation des textes en fonction de l’avancé prévu du programme de cours magistral est là pour motiver les camarades de classe à faire leur choix rapidement. Le premier critère de ces jeunes, c’est la date : ne surtout pas prendre les premiers textes. Ni la semaine prochaine, ni celle d’après, ni encore celle d’après. L’étudiant-e est un être qui aime prendre son temps. Pour ne pas dire carrément qu’il procrastine. Et prévoir une date lointaine pour présenter son texte, c’est assumer sa procrastination.

    La bataille s’engage une fois les premiers duos constitués. On évite de passer trop tôt, mais également trop tard. Être les derniers c’est être comparé à tous les autres. Et faire un truc pas terrible après tout le monde, c’est allé à la catastrope de notation. Là est mon problème : je peux me faire oublier comme je l’entends, mais sans note je risque l’ajournement. La différence avec le lycée, c’est qu’à la fac toute les notes comptes pour la validation des semestres, des années et du diplôme.

    Les « meilleurs » textes selon les critères étudiants (outre le calendrier qu’il faut aborder avec soupplesse, nous citerons également la taille des textes et l’apparence de leur complexité) sont déjà distribués. Et les duos restants hésitent. Il me faut dorénavant assumer que je suis seul et m’extirper de cette situation inconfortable, quitte à être voyant d’abord pour mieux me faire oublier ensuite. Je suis paradoxalement pris d’un élan de sacrifice et volontaire pour prendre l’un des deux textes qui devront être présenté dès la semaine prochaine. Enlevant ainsi un poids à un duos qui se verra octroyer ne serait-ce qu’une semaine supplémentaire pour procrastiner un peu. J’ai repérer mon préféré parmis le choix étroit. Un texte de deux sociologues dont intuitivement j’apprécie le travail et leur point de vue critique sur la société ; malgré le titre du texte qui est un obscur charibia emplit de mots trop longs.

    Laborieusement, les derniers duos se partagent les derniers textes. L’un de ceux là suit mon « courage » ainsi que l’a notifié le prof. Et préfère finalement s’en débarrasser judicieusement dans l’immédiat, plutôt que d’attendre le milieu ou fin de semestre où nous aurons accumulés exposés et dossiers à rendre et préparation de partiel à la fin.

    Me voilà donc lancé dans une séquence de préparation d’un exposé sur 6 jours… pardon, 3. Cette deuxième semaine de semestre est chargée de journées longues, nous n’étions que le lundi en fin de journée. J’attends le jeudi pour commencer à travailler dessus. J’ai avec moi une panique stimulante. Je vais passer en exposé incessamment sous peu, et je n’ai pas d’épaule sur laquelle me décharger. Ce travail ne peut être que le mien, et il sera assumé uniquement par moi. Assumé par moi dans son élaboration comme dans sa présentation. Il n’y a pas d’échappatoire. Et il s’agit là de ne pas se montrer ridicule. Mais peut-être également de faire une démonstration. Les critiques du prof seront publiques, devant les camarades. Le moment d’être un peu admiré. De montrer des qualités, pas forcément physiques, théatrâles ou oratoire, mais du moins intellectuelles. Que je montre que j’ai quelque chose dans la tête. Qu’on me reconnaisse une qualité qui n’est pas visible au premier abord. Que je sois discret, timide et mal à l’aise en toute circonstance. Tout le monde le sait et je ne peux les en faire douter. Ou encore pousser la logique de ma particularité d’avoir été courageux, à user de ce « réflexe » de sacrifice en prenant un texte de la première semaine jusqu’au bout, en jouant la carte de « celui qui ose » ne pas faire ou être l’étudiant ordinaire. Après avoir largué la procrastination, je vais tenter de faire mon exposé le plus librement possible. Sans lecture, ni appuie de texte. Ni même récitation automatique ou par cœur. Non. Avec ma maîtrise intellectuelle complète du sujet.

    Je lis pas moins de 3 fois le texte pour m’en imprégner, comprendre l’esprit et les quelques subtilités qui ne devront pas m’échapper. 3H pour cette première tâche. Je me pose des questions sur l’évolution idéologique de mes auteurs. Eux qui me semblaient si critique, les voilà en train d’analyser les facteurs d’embauches d’un recruteur. Ca ne parle même pas de sociologie holistique, c’est un texte axé sur la compréhension individuelle et les stratégies de choix. Le néo-libéralisme qui a sévis au milieu de leur vie me met un doute sur leur propre bifurcation idéologico-politique comparée à leur premier travaux antérieurs aux années 80. Vendredi est un jour plus tranquille avec une demi-journée de tranquilité à la maison. Je prends cette demi-journée pour commencer à mettre en ordre mes idées, élaborer une problématique, définir un plan. 3H sont de nouveaux consacré à cette tâche. Le samedi est consacré à la rédaction et à l’apprentissage de mon exposé. Tout doit être exact au cordeau. Car mon texte est long, mais le prof est exigeant, tant du point de vue du contenu, que du niveau, de l’expression, de la synthèse, mais aussi du temps. Car l’exposé est une démonstration d’une compréhension ratatinée côté quantité mais qui doit être qualitativement très bonne. En effet, il s’agit de faire un speech de 10 minutes et de lui rendre la version papier qui équivaudrait à 3 pages typographiées. Passé rien que 3 heures, une heure par page, c’est effectivement être rigoureux. Surtout que plan, idée et intro/conclu étaient prêt dès la veille.

    Ce lundi, mon heure approche. C’est évidemment le dernier TD de la journée. Nous sommes en hiver. Il fait déjà presque nuit et le temps est moche. Je suis le deuxième et dernier texte à passer de la journée. Le premier est critiqué à la fin. La forme d’abord avec une lecture linéaire et monotone de l’exposé rédigé. Le prof insiste sur l’exercice qui doit nous permettre d’apprendre à parler à un public. L’exigence est d’autant plus justifiée que c’est une licence de sciences de l’éducation et sciences sociales où les étudiant-e-s ont en très grande majorité pour projet de devenir professeur des écoles.

    C’est mon tour. Je suis tout tendu et mon ventre fait des siennes. Je me mets face à tout le monde. Le prof est en fond de salle. L’éclairage un peu loupé de la salle a tendance à le pousser dans une zone sombre. J’ai enlevé mes lunettes pour ne pas me laisser distraire, déconcerté ou déconcentré par les expressions de visages de mes camarades qui pourraient me trouver ridicule et, sans rire aux éclats, adopter des expression faciales, même involontaire, suffisamment éloquantes.

    J’engage mon exposé en « freestyle », sans appuie de mon texte rédigé qui reste dans ma main elle-même située dans mon dos avec la seconde. Tout se passe bien, malgré une voix tremblotante, je ne semble pas avoir perdu mon auditoire qui reste dans un silence respectueux de monument aux morts. Puis vient les premiers bafouillement. Une maladresse. Un lapsus. Voilà quelques rires qui s’échappent et je perds momentanément mes moyens, m’obligeant à reprendre mon texte papier pour m’appuyer dessus. La lecture est infâme, trop rapide et monotone. Malgré avoir enlevé mes lunettes, je n’ai pas la vue suffisamment abîmée pour ne pas voir mes camarades du premier rangs. Et parmis eux, une de mes amies dont je suis secrétement amoureux. En fait qui était très bien au courant de mes sentiments pour elle pour les lui avoir confier 6 mois plutôt. Ce n’était évidemment pas réciproque. C’était aussi celle qui s’était mise avec l’autre amie, en duo, pour cette séquence d’exposé, me laissant choir. J’étais assez content qu’elle assiste à ça. Le petit garçon timide était en train de se montrer courageux. « Je ne suis pas aussi faiblard que tu le penses » aurais-je voulu lui dire. J’essaie de reprendre mon exposé sans support après m’être avoir baissé mon degré de panique intérieur. Cette alternance a dû paraître comme un contraste énorme entre deux instants. Plutôt que de varié dans des nuances de gris clair vers le gris foncé, j’étais passé subitement du gris clair au noir quasi-complet.

    Je fini. Ouf ! Je n’ai pas fait exactement les dix minutes. Mais j’ai sauté une idée en première partie et ma lecture s’est avéré extrêmement rapide. Le prof note cet effort, rare dans notre classe et chez les étudiant-e-s de cette licence en général, d’avoir parlé sans lire le texte. Même si le fait de m’être quelques instant appuyé dessus a permis aux camarades (me voilà pris en exemple) de comprendre la différence fondamentale entre ces deux manières de faire, de la façon quasiment la plus caricaturale possible. « Ca, c’est le meilleur exposé que j’ai entendu depuis bien longtemps » me dit ainsi le prof. « Votre camarade a parfaitement exposé son sujet, je n’aurai pas fait mieux. ». Je suis aux anges. Ce prof n’est pas n’importe qui et il est connu pour ses critères exigeant, mais assez explicites, clairs et certainement assez justes d’ailleurs. Il ne donnait pas les notes devant tout le monde. Pour lui c’était une affaire privée. Mais ces louanges disaient déjà tout. Je n’ai pas besoin d’avoir ma note. J’ai ma démonstration. Combien de personnes entendent-elles ça à l’université ? Voilà mes camarades bien mal positionné-e-s dorénavant. Le premier jour d’exposé, et l’un des étudiants a déjà fait la démonstration du niveau à atteindre. Ca peut être soit une bonne boussole, soit également la pelle qui creuse le trou de chacun-e. Le trou est de toute façon déjà en partie creusé pour eux et elles. En me laissant de coté, ils se sont privés de mes talents. Soit. Ils en assumeront les conséquences, s’en mordront les doigts. D’autant que j’étais seul. Et tou-te-s autant qu’ils sont, Ce sont des duos, avec deux cerveaux, quatre mains pour écrire et deux bouches pour exposer. J’ai été le vainqueur d’un jour. Un jour où je les ai tou-te-s vaincu-e-s pour les semaines qui allaient suivre.

    D’autant qu’une grève éclatera dans la fac par la suite, m’entrainant irrésistiblement dans le mouvement, implication d’autant plus difficile à ignorer pour mes camarades que je me ferais le relais d’information via e-mail. Et malgré leurs absences durant ce « printemps des université », ils n’auront même pas su se préparer pour les partiels de fin de semestre, où une fois de plus je me ferai remarquer. Au milieu de ce partiel de 2h, traitant de ce même cours, une heure à peine écoulée. Je me suis levé subitement. Un peu sonore. J’ai marché entre les tables, droits et déterminés, remettre ma copie aux surveillant-e-s et émargé. Quittant la salle alors que tout le monde grattait encore durement. Le second à sortir – mon homonyme – me traitant comme « son héros », d’avoir bouclé le partiel si rapidement. Même pas sabordé ou copie blanche. J’ai fini avec un 15/20. Et ma place assurée pour entrer en L3. Moi et seulement 39 autres personnes. Pendant qu’une centaine devait prendre le chemin des rattrapages.


  3. Le Garçon et l'Aphrodite

    Le Garçon marchait dans la fôret des Secrets Presque Bien Gardés, lui qui avait tant perdu ces années, mais trouvé et retrouvé des trésors plus beau encore. Il marchait pour la 5ième fois avec Aphrodite dans cette forêt. Aphrodite, l’amie la plus intime, la plus bizarre, mais aussi la plus fidèle qu’il avait connue jusqu’à maintenant. Mais l’Aphrodite était du genre versatile, certes elle était toujours là, mais pouvait tout aussi bien jouer de la clarinette que taper les fesses. Ce qui faisait sourire ou souffrir le Garçon. Le Garçon n’était pas très content de son comportement, elle est bien Aphrodite, mais elle est parfois prise de tête aussi, et à chaque fois qu’elle le quitte il se demande si elle reviendra un jour. Le Garçon à bien sûr hésité plusieurs fois à quitter l’Aphrodite pour rejoindre Tara, la Reine de la Sagesse. Mais la Reine de la Sagesse n’habite pas l’arbre à coté, le chemin pour la rejoindre est périlleux, et le Garçon n’est pas courageux. Le Garçon reste avec Aphrodite, mais Aphrodite lui annonce de mauvaises nouvelles régulièrement sur le chemin qu’ils parcourent ensemble. Aphrodite menace de donner la fessé, car la Fille Réelle fait d’autres choses que l’Aphrodite ne veut pas qu’elle fasse. L’autre jour, la Fille Réelle à lancé un drôle de regard au garçon, amusée qu’elle était qu’il soit à coté de la Dame du Bureau et l’Aphrodite n’a pas appréciée, la Fille Réelle ne voulait certes pas être méchante, mais elle ne donnait pas le choix à l’Aphrodite de ne pas l’être avec le garçon. L’Aphrodite voudrait parler parfois à la Fille Réelle pour essayer d’arranger les choses, mais le garçon refuse tout le temps et toujours, et l’Aphrodite continue de lui faire mal.


  4. Balance d'un coté et de l'autre, entre une rive et l'autre

    Devant moi j’ai une rivière, une rivière relativement belle, mais pas plus que celle que j’ai derrière. Son eau est potable, je la bois, je crois que je pourrais toujours la boire, peut-être, toujours. Je patauge et m’amuse dedans, cela semble l’amuser aussi, j’espère que ça l’amuse. Et je voudrais rester là devant elle, trouvé de nouveaux vers pour un nouveau poème.

    Derrière moi la rivière me renvoie des reflet rouge, une lumière rouge, parfois, des fois ça sort, des fois ça sort pas. J’ai pleuré dedans, le rouge était la couleur de mes larmes, ma colère, ma honte. Mais la rivière en elle même avait quelque chose de rouge, un rouge d’espoir, je sais pas. Un rouge me montrant l’avenir d’un soleil se levant, mon soleil orange….

    Je sais que ces deux rivières se rejoignent à un moment très loin, mais je ne sais pas y aller, peut-être que je veux pas. Comprendre, ne pas comprendre pourquoi, quelle importance ça a ? Je pense que ce doit être pour les autres que le chemin pour y arriver est dur, moi je pense le connaître, mais je n’y vais pas. D’ailleurs je ne sais pas dans quel sens va le courant, je ne sais pas si les rivières se rejoignent ou si elles se sont séparé… plus haut, aller plus haut, et croire encore à l’avenir.

    Balance d’un coté et de l’autre, entre une rive et l’autre.

    Le cœur bas souvent du coté rouge et parfois du coté blanc. Pourtant des fois je contrôle.

    La solution de ma tête est elle en désaccord avec celle de mon cœur ? Où bien est -ce l’inverse ? Je comprend pas, je dépasse.

    Il n’y a pas de vent pour me guider, pas de drapeau pour me protéger, je dois continuer.

    Et pourtant il n’y en a qu’une

    Vœux conscient, débâcle inconsciente, si je veux je prend, si je veux serais-je en paix avec moi même. Si je veux consciemment et qu’inconsciemment il ne veux pas, je serais en conflit avec moi même. Comment faire pour régler le problème ? Apprendre, attendre, comprendre. Mais il faut faire vite, la pluie, les courants et les marée vont tout faire changer.

    Quitte à choisir, je prend la rivière de devant, si il le faut je me noierai dedans. Mais un fantôme derrière moi me retient; et un autre moi est devant moi, m’empêche t’il de passer ? peut-il m’aider ?

    Demain est un nouveau jour

    Alors je continuerai à aller vers cette rivière, en espérant qu’elle ne s’assèche.

    Mais j’ai peut-être besoin d’aide.


  5. Étrange phénomène de narcolepsie dans une bibliothèque municipale de la capitale

    La bibliothèque municipale ABC dans le 12e arrondissement de Capitalopolis aurait pu demeurer – comme nombre de ces homologues de métropole ou de province – sans histoire, ni susciter d'intérêt ou d'inquiétude quelconque. Cependant notre rédaction a eu vent d'un curieux phénomène d'endormissement spontanée au sein des rayons de livres et dans les salles de lectures. Reportage.

    « Contrairement à nombre de mes concitoyens je reconnais parfaitement le bruit du ronflement car j'ai un Ronflex à la maison » nous confie Lorie. Étudiante en sciences de l'information et de la documentation, elle vient régulièrement dans cette bibliothèque de quartier car elle possède un fond particulièrement spécialisé de la cote 02x qui lui sert pour son mémoire de master consacré à la question de l'évolution du catalogage et à ses perspectives. Elle témoigne « pas un seul jour sans qu'un lecteur ne s'effondre sur sa place et se mette à émettre ces sons insupportables à 80db. »

    Les descriptions de ces moments quotidiens sont pitoresques : elle nous parle d'abord du premier jour où elle a entendu un tel bruit. Lorsqu'elle en a trouvé la cause – dont elle seule semblait se soucier – elle vit ce qu'elle avait identifié comme un sans abri. « Certes c'est gênant pour les personnes comme moi, phono-ronflo-sensible, pour nous concentrer, mais en même temps j'éprouve un peu de compassion et de compréhension pour quelqu'un comme lui qui n'a certainement pas pu passer une nuit confortable et est éprouvé par une grande fatigue. »

    La bibliothèque est ainsi quotidiennement visitée et investie par plusieurs sans abri. Céline, salariée de la bibliothèque depuis 7 ans nous en parle : « Beaucoup de personnes marginalisées dans la société – chomeuses voire sans-abris – viennent passer du temps – si ce n'est pas quotidiennement, du moins hebdomadairement – à la bibliothèque. Elles y trouvent ici des choses auxquels elles n'ont pas accès chez eux. Cela passe par des choses bêtes comme le confort – chaises, chauffages – mais aussi comme accès à l'information : beaucoup de ces types d'usagers sont des étrangers ayant quitté leurs pays ; cet espace leur permet de se reconnecter à leur racine via Internet en leur permettant l'accès aux sites d'information de leur pays, aux émissions […] C'est aussi un moyen pour eux de communiquer et de garder des liens sociaux. »

    La capitale est périodiquement touchée par des taux de comas narcoleptique inhabituelle ; les enquêtes policières et sociologiques ont depuis longtemps démontrées qu'il s'aggisait des effets du trafic d'une espèce d'escargot à la vertu endormissante. Ces comas narcoleptique touche essentiellement les marginaux qui en consomme afin d'oublier leurs problèmes quotidiens et « rêver une autre vie ».

    Cependant, le témoignage de Lorie ne se borne pas à cet épisode épiphénoménique du marginal qui ronfle en bibliothèque. Selon elle, de nombreuses autres personnes, issus de couches sociales bien différentes sont touchée par un endormissement spontanée. « La fois suivante où j'ai été dérangée, il s'agissait d'un vieux qui était venu bouquiner un auteur classique. Il a pris le livre, s'est installé à une table de lecture (en face de moi en fait). Il s'est endormis à peine au bout de 5 minutes dessus, le livre ouvert, les mains tenants les deux côtés. » « Une aure fois, ce fut un jeune, certainement étudiant tout comme moi. Il feuilletait son agenda, stylo en main pour notifier ou rayer rendez-vous et tâches. Et il s'est endormis le stylo à la main ! » « Une autre fois c'était un homme, aux alentours de 40 ans, aspirant à un concours, qui s'est endormis, sur ses bouquins, stylo en main. » Bref, les exemples se multiplient et lorsque nous demandons à Lorie quel point commun elle trouve à ses différents cas, deux caractéristiques émergent : 1/ ce sont tous des hommes (apparemement aucune femme ne s'est faite remarquée en pareil cas ; cependant comme le dit Lorie « ma sono-ronflo-sensiblerie n'a pas été soumis à des femmes ronflantes. Et mon Ronflex à la maison est un mâle. » Elle n'est pas sûr de trouver ces bruits féminin insupportable ni même de pouvoir les remarquer) 2/ ils s'endorment spontanément au milieu de leur activité sans crier gare.

    La bibliothèque et son installation sont-elles sujettes à inciter ses usagers à s'endormir ? De nombreux facteurs viennent plutôt infirmer cette thèse et même problématiser davantage ses endormissement intempestifs et spontanés. D'abord au niveau de la luminosité et de la clarté, la bibliothèque est munis de par et d'autres de son axe de nombreuses fenêtres – quasiment des bais vitrées – et son installation au 3e et 4e étages lui permet de dominer les bâtiments alentours et de profiter de la luminosité naturelle de l'extérieur. L'espace séparant ces deux côtés n'est d'ailleurs pas immenses et l'arrangement des meubles est pensée pour la circulation de cette luminosité. Par ailleurs, la vue, depuis la salle de lecture, donne sur un manifique parc, de taille importante. On penserait davantage à ce qu'un lecteur soit distrait dans la contemplation de ce paysage plutôt que de s'endormir sur place comme « mort » d'ennuie.

    Après la question visuelle et de luminosité vient l'environnement sonore. La bibliothèque est installée et accessible à partir d'une petite rue à une voie et à sens unique limitée à 30 km/h. Cette limitation de vitesse n'est, d'après les usagers et les salariées de la bibliothèques à l'unanimité, pas vraiment respectée. « Des gens la respecte ; la majorité non. ». Un radar pédagogique munis d'un écran imposant lui permettant même d'afficher du texte en grand est installée au début de la petite rue qui s'étend encore sur des centaines de mètres derrières. Le radar pédagogique est mis ici en raison de la présence de pas moins de 3 écoles maternelles et primaires dans cette même rue. Qui dit école, dit enfants et donc nécessité de conduire prudemment et à basse allure afin de ne pas se laisser surprendre par l'inattention et la spontanéité naturelle des enfants. Un autre facteur étant également la largeur des trottoirs extrêmement faible. Si en journée un-e passant-e chemine le trottoir naturellement, il est douteux qu'aux horaires de sorties ou d'entrées d'écoles il en soit de même.

    Ces écoles constitue un paradoxe à l'idée que l'on se fait d'une bibliothèque où règne avant tout le silence, ou du moins simplement les bruits des pages qui se tournent où des stylo et crayons qui grattent. Entourée de ces écoles, la bibliothèque est quotidiennement et plusieurs fois par jour plongée dans les bruits de cohus des enfants à côtés. Lorie ne nous cache pas son agassement « Je suis très étonnée que ces bruits persistent aussi longtemps. Quand la bibliothèque ouvre à 10h30, je les entends ; à 11h ça continue. Quand j'étais jeune, la sortie des écoles étaient à 11h30 pour le déjeuner ; on avait une demi-heure de récréation le matin. Je ne me souviens plus des horaires. Mais que ce soit à 10h, ou à 10h30, à 11h tout le monde était en classe pour finir la matinée avant d'aller déjeuner. » Lorie est cependant plus incertaine concernant l'après midi. « Le début d'après midi est plus calme heureusement ; mais arrivée l'heure de la récréation ça reprends... ». Elle se demande beaucoup pourquoi les enfants restent autant de temps dehors et pourquoi continuent-ils autant de crier. « La tranquilité n'est pas la première qualité de cette bibliothèque » nous dit-elle « Et il est d'autant plus difficile à comprendre alors comment des gens arrivent à s'endormir dans de telles conditions. On peut se concentrer en y faisant abstraction, mais les cris sur-aiguës qui éclatent régulièrement ne peuvent pas laisser la tranquilité de la conscience indifférente. »

    Les cris sur-aiguës ne sont pas la seule source de déconcentration intempestive que subit Lorie et tous les autres usagers et salariés de la bibliothèque. Si cette dernière est bien installée dans une petite rue à une voie et à sens unique cette petite rue prend sa source en bifurcation d'un axe principal de la capitale extrêmement fréquenté, ponctué régulièrement de croisement en tout genre et donc avec des feux tricolores en présence conséquente. Lorie faisant une partie du chemin à pied depuis une gare nous explique « Il faut parfois savoir s'imposer aux automobiliste qui ne laissent pas libre les passages piétons et préfèrent faire du queue à queue comme des moutons et de continuer à avancer malgré que le feu soit vert piéton. Non pas qu'ils aient grillé leur propre feu rouge – il est beaucoup plus loin – mais ces automobilistes se forcent à le passer malgré qu'ils ne peuvent aller de l'autre côté de l'intersection et ainsi dégagé ces croisements difficiles. » Et Lorie de fustiger le comportement des automobilistes « imbéciles » « ils ne cesses de klaxonner pour que ceux de devant avance ; ces derniers n'arrivent pas à voir que le feu est passé au vert – du moins c'est ce que comprenne ceux de derrière. Mais quand ceux de derrière se retrouvent au feu, ce sont eux qui se font klaxonner. » L'axe de circulation est ces derniers temps également en travaux. Déjà encombré en temps normal, la neutralisation d'une voie compliquent davantage les choses. « Ces coups intempestifs de klaxon arrive également jusqu'à nos oreilles dans la bibliothèque qui n'est pas si loin que ça. C'est une autre rue, mais c'est le même « paté » de bâtiments ».

    Entre la luminosité de l'espace de bibliothèque et des espaces de lectures, les bruits des enfants des écoles à côtés, des travaux et des klaxons énervés des automobilites, difficile effectivement de croire qu'il soit possible de s'endormir facilement à cet endroit – sauf fatigue importante voire extrême. Mais le nombre de « dormeurs » étant assez important difficile à croire qu'ils soient tous sujets à une telle fatigue. « Et si ils l'étaient vraiment, autant qu'ils restent chez eux, ils seront plus confortable dans leur lit, ou même dans leur canapé, et pas dérangés par les bruits environnant » conclus Lorie mettant ainsi en exergue l'étrangeté du phénomène qui ne peut selon elle qu'être le fruit d'un effet local mystérieux. Une hypothèse ? « Les fantominus hantent probablement quelque bâtiment autour qui portent les stigmatent de certaines horreurs historiques. Des études ont montrés que certains fantominus ne pouvaient atteindre tout le monde dans l'usage de leur pouvoir hypnotique, bien que ce ne soit pas le cas de la grande majorité. Peut-être certains de ces fantominus pas très capables se cachent dans les murs environnants. » Ces études étant encore sujets à caution, le conseil municipale de Capitalopolis n'a pas encore fait appel à une entreprise de GhostBusters pour éliminer les nuisibles. Céline nous informe que le nombre de cas touché par ces narcolepsie intempestives, même si quotidienne, est trop faible pour être considéré comme une attaque de fantominus sur les lieux. Surtout, à l'approche des élections municipales, il ne serait pas bon que la Mairie finisse au cours de ses dernières semaines de mandats avant les élections municipales par appeler une équipe de chasseur de fantôme, validant pour cela la thèse des adversaires de l'équipe sortante qu'ils transforment la capitale en « ville morte ».

    Quant à Lorie elle finis par exprimer son ras-le-bol de telle condition d'étude et de travail : « Les klaxons des cons en voiture, les crie des gosses que j'ai envie de sniper du haut d'une fenêtre, les ronflements des gens que j'ai envie de prendre par les cheveux et de les cogner violemment contre le rebord de leur table pour les plonger dans le sommeil éternelle, celui qui ne fait sonorisement chier personne, et surtout pas moi la sono-ronflo-sensible ! » Calme Lorie ! Calme...

    Le canard déchaîné, édition du 45 Zeus 5490


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